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Rare et indispensable, l’eau et sa gestion représentent l’un des enjeux majeurs de ce 21ème siècle, cumulant préoccupations sanitaires et environnementales. Au niveau européen, nombreuses sont les directives et les règlements visant à assurer la qualité et à encadrer la distribution de cet or bleu. Néanmoins, alors que l’Union Européenne reste en quête de reconnaissance et de légitimité, son fonctionnement est largement méconnu. eaurope cherche à rendre accessible le fonctionnement de l’UE en se focalisant sur un thème précis, celui de l’eau en région Bretagne. Ce projet s'inscrit dans un champ pluridisciplinaire, mêlant enjeux européens et locaux, sociaux et scientifiques, qui sert de cadre à l'étude de la mise en œuvre des politiques communautaires, notamment dans le domaine environnemental.
Une écologie de la norme nitrateeaurope est un projet qui vise à étudier l'écologie de la norme nitrate. Qu'entend-on par cela? Ecologie signifie "science qui étudie les relations entre les êtres vivants (humains, animaux, végétaux) et le milieu organique ou inorganique dans lequel ils vivent" (Trésor de la langue française): si notre objet, la norme nitrate, n'est pas un être vivant, ce sont pourtant bien son milieu et les relations qu'elle lie avec lui qui nous intéressent. Faire "l'écologie de la norme nitrate" revient donc à étudier la variété des interactions que la norme entretient avec son environnement (qu'il s'agisse d'autres normes, d'acteurs, de problèmes, ou de l'environnement naturel auquel elle s'applique) et les évolutions et modifications qu'elles entraînent. Ce qui fait la norme, ce sont tant ses créateurs que les personnes qui la rencontrent ensuite sur son chemin, et qui la perçoivent d'une manière ou d'une autre. Cette même norme ne reste pas seule : elle se décline en lois et en programmes. Elle s'hybride avec d'autres normes. Elle s'applique en même temps que d'autres normes, certaines plus récentes, certaines plus anciennes. Confronté à différents acteurs et aux évolutions de son environnement législatif, la norme nitrate traverse également différents milieux. Pensée à l'OMS, elle s'acclimate à Bruxelles, puis en France, avant de s'appliquer en Bretagne. Chaque étape la façonne, et elle agit en retour sur chaque milieu. La norme réglemente les nitrates dans l'eau : ceux-ci sont d'origines multiples, principalement agricole, et l'eau est un objet complexe qui n’a que faire des frontières administratives. Les questions d'eau intéressent chaque citoyen qui souhaite une eau potable, chaque exploitant, agricole ou industriel qui en a besoin pour cultiver, irriguer, refroidir ou réchauffer. Elle intéresse également les animaux, les insectes, les bactéries, les cétacés, les poissons, les algues - tous ces êtres sans parole que l’on regroupe sous le terme de biodiversité. Etudier l'écologie de la norme nitrate, c'est ainsi ne pas se contenter d'une approche purement juridique ou linéaire pour s'intéresser autant à ceux à qui vivent avec la norme et qui doivent l'appliquer qu'à ceux qui l'on créée. Le choix de la Bretagne
Ce site a pour objectif d’expliquer comment se construit une politique environnementale au sein de l’Union Européenne. eaurope s’intéresse à la politique de l’eau et plus particulièrement à la norme nitrates, depuis sa genèse jusqu’à sa formulation dans différentes directives européennes. Nous avons tout d'abord choisi le cas français ; la France a en effet un palmarès paradoxal : pionnière en matière de politique de l'eau, elle est aussi un des Etats Membres de l'Union Européenne qui rencontre le plus de difficultés dans l'application du droit européen de l'environnement. Au sein de la France, nous avons centré notre étude sur la région Bretagne. Le choix de cette région agricole et maritime est motivé par la présence de longue date de problèmes de pollution agricole ainsi que de phénomènes d’eutrophisation épisodiques, les marées vertes. Par rapport aux autres régions françaises, c’est en Bretagne que les dysfonctionnements environnementaux liés à la pollution par les nitrates ont été remarqués en premier. Si cette « précocité » n’a rien d’un exploit, elle a toutefois donné lieu à plusieurs expérimentations sur le territoire breton. Ce dernier a servi, et continue à servir, de laboratoire pour les politiques environnementales, et fait aujourd’hui figure de « pilote » en la matière. La méthodePour mener cette étude, un long travail d'enquête a été nécessaire. Dans un premier temps, nous nous sommes familiarisées avec l’information par le biais des ressources internet et des connaissances dispensées dans nos formations respectives, mais surtout, nous sommes allées sur le terrain afin de rencontrer différents acteurs concernés par la politique de l’eau. A Bruxelles, nous avons interviewé des groupes d’intérêts, un think-tank, ainsi que des acteurs institutionnels (Parlement et Commission). En Bretagne, nous avons rencontré des acteurs de la défense de l’environnement, des agriculteurs et leurs représentants au sein de coopératives ou de syndicats. Nous nous sommes aussi déplacées à Rennes, où nous sommes allées rencontrer un membre du conseil scientifique régional, ainsi que la préfecture de région. A Paris, nous avons rencontré une sénatrice, un journaliste spécialisé sur ces questions, un représentant de think tank, un chargé de mission au MEEDDM et son homologue au ministère de l'agriculture. Nous avons volontairement consacré une grande partie de notre temps à la réalisation de ces entretiens (semi-directifs), afin de donner la parole à un grand nombre d’acteurs et de bénéficier de points de vue variés, nourris de différents horizons. La seconde partie de notre temps a été consacrée au traitement des interviews, que nous avons toutes retranscrites, ainsi qu’à la conception du site.
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